“Mlle Pontal perdit un petit ruban couleur de rose et argent déjà vieux (…) ; ce ruban seul me tenta, je le volai, et comme je ne le cachais guère, on me le trouva bientôt. On voulut savoir où je l’avais pris. Je me trouble, je balbutie …”
Une confession de J.J. Rousseau.
Oui lecteur, j’ai bien envie de te parler ruban aujourd’hui grâce à un bel article paru dans un numéro de “Décoration de rêve” de 2008. Rien de récent, mais rien de démodé non plus, intemporel.
Les rubans ont toujours tenté les femmes et même les hommes comme tu l’as lu plus haut. Henri IV a dû publier un édit limitant son usage sur les vêtements dans l’utilisation d’or et d’argent qui les composaient.
Un “mignon” dans son beau costume orné de dentelles et rubans
Costumes du début du règne de Louis XIII
Richelieu a suivi, mais a favorisé les fabricants français. Lyon et Saint Etienne en profiteront avec le développement de la soie.
Les rubans ont toujours fait partie intégrante du vêtement comme tu l’as vu sur les gravures précédentes, ils sont aussi un des ornements majeurs des chapeaux bien sûr. Regarde cette gravure du XIX siècle.
Il existait aussi à cette époque des gravures expliquant l’art et les manières différentes pour nouer son ruban de chapeau et de le mieux assortir à sa tenue du moment.
“Mais le ruban est aussi sur la belle boîte de chocolats de Noël que l’on hésite longuement à dénouer. Il s’appelle ruban, mais aussi galant, galon, faveur, comète, tresse ou lacet. Il était hier de soie, et se décline aujourd’hui dans des matières actuelles comme la viscose, le polyester, le coton, satin ou velours. Sa largeur de 2 mm minimum est limité à 30 cm. Au delà, il devient pièce d’étoffe. Sa caractéristique est d’avoir des lisières solides qui en font un objet fini” nous dit la journaliste.
Le ruban, c’est aussi la jarretière de la mariée et les bretelles de ses dessous que le marié va découvrir en temps et heure (en principe …). Le ruban habille nos rideaux, nos coussins, finit un abat-jour, il participe à notre sécurité de tous les jours par la ceinture de sécurité de nos voitures. Il se marie à l’élastique sans honte dans les nouvelles matières actuelles.
Métier à rubans Jacquard
Le ruban est toujours vivant et une entreprise française, les Ateliers Julien Faure, perpétue sa fabrication à Saint-Etienne depuis 1864. Depuis plusieurs générations cette fabrique tisse sur ses métiers Jacquard comme sur des métiers Julien Faure, où l’on excelle dans l’art de croiser fils de trame et fils de chaîne. Car ” ce travail tout en finesse nécessite une préparation minutieuse (ourdissage, dessin, mise en lissage, mise en carte) …. Quelques fois plus de 40 h en fonction de la complexité du motif”. ” La lisière est un ornement majeur du ruban, elle le borde de façon à lui donner sa solidité”
Tissage
Création d’un motif
Ruban transparent
Ruban Jacquard
Divers styles, teinte turquoise
Ces photos sont extraites du site de l’Atelier de Julien Faure que je t’invite à visiter par un CLIC ICI, car cerise sur le gâteau, tu vas pouvoir, toi aussi lecteur, te procurer ces beaux rubans pour finitionner tes ouvrages de broderie, de couture, tes sacs, tes patchs et autres débauches filesques. Il y en a un très grand choix des plus étroits aux plus larges, avec des motifs divers, colorés ou pastels, toute une gamme bien classée suivant leur qualité de tissage.
Tu trouveras aussi des tissus, des foulards, des écussons … etc. A toi de visiter comme tu sais le faire habituellement pour mieux connaître l’histoire de cette maison qui fournit aussi nos grands couturiers parisiens .
Si tu veux voir un peu plus de photos de la production de la maison Faure, un petit CLIC ICI sur le blog de Hélène qui est une mordue de ces rubans et qui te montre une grande partie de sa collection.
Lire aussi CLIC ICI pour un historique plus complet du ruban à Saint-Etienne.
Bonne visite et à bientôt lecteur enrubanné.
Geneviève